11 avril 2011 : assumons notre histoire







En l’absence d’une commémoration nationale de certaines dates importantes de l’histoire de la Côte d’Ivoire, chaque camp fait chaque année sa célébration et remue le couteau dans les plaies du passé. 

Il y a dans l’histoire de la Côte d’Ivoire des dates qu’on aimerait, à jamais, oublier tant elles rappellent des douleurs.Pourtant, ces dates sont ineffaçables de notre histoire et de nos mémoires. Mieux, nous avons l’obligation de les assumer en les commérant chaque année pour tirer de ce passé douloureux, les meilleurs enseignements afin de ne pas les revivre.Tout comme, le 19 septembre 2002 jour du début de la rébellion armée qui a divisé la Côte d’Ivoire en deux pendant huit années, le 11 avril 2011, jour de l’arrestation de Laurent Gbagbo marquant la fin de la grave crise postélectorale, est l’une de ces dates. L’on devrait en faire des commémorations officielles comme le font par exemple l’Allemagne tous les 9 novembre pour la chute du mur de Berlin, la France tous les 6 juin pour se souvenir du débarquement en Normandie.

Aux Etats-Unis, leMemorial Day,est un jour de congé officiel célébré chaque année le dernier lundi du mois de mai. Il rend hommage aux membres des Forces armées des États-Unis morts au combat toutes guerres confondues.

Il y a également le Veterans Day qui rend hommage aux anciens combattants,etc.

En Côte d’Ivoire, les célébrations que nous réclamons ne doivent pas avoir pour but pour remuer le couteau dans une plaie quelconque, mais il s’agira, chaque année, à ces dates, d’interpeller la conscience collective pour que chaque citoyen reconnaisse sa part de responsabilité dans ces histoires de notre histoire, et aussi pour les enseigner aux générations présentes et futures.

A chacune de ces dates importantes, le gouvernement doit inviter les forces vives du pays à des cérémonies de repentance collective et d’hommages aux victimes de ces évènements meurtriers du passé. C’est ainsi qu’année après année, les rancœurs s’éteindront dans les cœurs, et nous éviterons tous les ans de réveiller les vieux démons à chacune de ces dates.

Hier dimanche 11 avril 2021, en l’absence d’une célébration consensuelle, chacun s’est souvenu de cette date à sa façon. Chez les extrémistes du camp Gbagbo, ragaillardis par l’acquittement récent de l’ex-chef de l’Etat par la Cour Pénale Internationale (CPI) où il a été détenu et jugé pour les crimes commis pendant cette crise postélectorale, ce 11 avril a rappelé le point culminant de l’injustice subie par leur leader, victime à leurs yeux d’un complot international qui lui a valu d’être spolié de sa victoire à l’élection présidentielle de 2010 face à Alassane Ouattara.

D’autres Ivoiriens considèrent par contre le 11 avril comme un jour de libération pour tout un peuple ayant souffert d’une guerre imposée par le refus du Président sortant Laurent Gbagbo, de céder le pouvoir au vainqueur de la même élection. La voie pour réconcilier ces deux positions antagonistes, est de rassembler chaque année l’ensemble des Ivoiriens autour d’une commémoration où ils seront exhortés à une troisième position : comprendre que les rancœurs ne referont pas l’histoire, ni ne réveilleront les morts. Accepter d’aller de l’avant. Les autorités ont aussi et surtout la responsabilité de procéder à une indemnisation objective et durable des victimes.

Cissé Sindou

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