Election inclusive







Le monde du football ivoirien vient de donner une leçon de démocratie à la Nation, particulièrement aux politiques.

S’il elle s’était confirmée, l’exclusion de tel ou tel candidat qui a fait l’objet d’une folle rumeur vendredi soir, aurait été la fausse note de l’élection à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF). Heureusement, il n’en a rien été, et cette élection s’est déroulée dans le calme, en toute transparence avec les trois candidats Idriss Diallo le vainqueur, Sory Diabaté et Didier Drogba. Ce processus électoral à la FIF aura résisté au phénomène d’élimination de candidats gênants devenu monnaie courante en Côte d’Ivoire, avec des conséquences regrettables.  

Le cas le plus marquant a été celui d’Alassane Ouattara. A la fin des années 1990, lorsque cet ancien fonctionnaire international est désigné candidat du Rassemblement des Républicains (RDR), face à sa popularité, ses adversaires n’ont pas voulu l’affronter dans les urnes.

Tout a été mis en œuvre pour l’empêcher d’être candidat, d’abord à l’élection présidentielle de 2000, puis à l’élection législative de la même année. Des doutes ont été émis sur sa nationalité ivoirienne. L’administration et la Justice ont été instrumentalisées pour l’empêcher d’obtenir ses titres de citoyen et de voir valider ses candidatures. Il en a souffert dans son âme. Des centaines de ses partisans ont trouvé la mort ou ont été marqués à vie en protestant contre son sort. Pire, le pays a connu une guerre à l’issue de laquelle il a été autorisé, à titre exceptionnel, à se présenter pour la première fois à une élection présidentielle en Côte d’Ivoire, celle de 2010. Sa victoire à cette élection montre l’ampleur de l’injustice dont il a été victime, et le gâchis que représentent pour le pays, ces années de troubles provoquées par son exclusion.

Malheureusement, parvenu au pouvoir, Alassane Ouattara n’a pu éviter cette pratique dont il a lui-même fait les frais. Ainsi, en 2020, des procès ont été montés de toutes pièces pour écarter de l’élection présidentielle Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et bien d’autres candidats gênants que le Président-candidat Alassane Ouattara ne voulait manifestement pas affronter dans les urnes. Les conséquences sont connues : une crise électorale qui a causé des dizaines de morts en 2020.

Ce fléau s’est hélas invité dans cette élection de la FIF. Au départ, l’administration sortante a voulu appliquer des conditions d’éligibilité qui avaient tout l’air d’être dirigées contre un seul candidat, l’ex-international ivoirien Didier Drogba. Les velléités de rejet de sa candidature ont conduit au blocage du processus électoral avec l’intervention de la Fifa qui a mis en place un organe de transition (le Conor-FIF). Cette instance a tout mis à plat. Un nouveau processus a été organisé. Mais à la veille de l’aboutissement de celui-ci, le spectre de l’exclusion a encore plané sur cette élection. Une rumeur a circulé annonçant le recalage des candidats Sory Diabaté et Idriss Diallo au motif qu’ils auraient été frappés par les résultats d’une enquête d’intégrité. Heureusement, ce n’était qu’une rumeur. Car, leur exclusion aurait certainement entrainé un nouveau blocage, et des troubles aux tournures imprévisibles.

Cissé Sindou  

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