Cinq audiences qui confirment la cabale politique contre Soro







Après cinq audiences au tribunal criminel d’Abidjan dans le procès de Guillaume Soro et 19 de ses proches, la cabale politique contre le leader de GPS se confirme jour après jour. 

 

Le 23 décembre 2019, en embarquant dans un avion à Paris à destination de la Côte d’Ivoire, Guillaume Soro venait-il faire un coup d’Etat ?  A-t-il parlé d’un tel projet au téléphone avec ses proches mobilisés pour l’accueillir à Abidjan ? Venait-t-il pour « appuyer » sur une « télécommande » comme l’a fait croire le procureur Adou Richard ? Après cinq audiences au tribunal criminel, les auditions de Koné Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul, Simon Soro et les militaires de la garde de l’ex-Président de l’Assemblée nationale déjà passés à la barre, sont loin d’établir le plan commun qui aurait pu justifier qu’ils soient inculpés de « complot » ou de « tentative d'atteinte contre l'autorité de l'Etat ». Jusqu’à présent, l’accusation n’a apporté aucune preuve attestant que les cadres de GPS arrêtés dans la même période au QG de ce mouvement ou ailleurs ont évoqué une seule fois un tel projet dans lequel ils seraient impliqués.

 Quant aux armes retrouvées dans la lagune à Assinie, les sergent-chef Fofana Kouakou Konan, Kamagaté Adama, Dosso Seydou, tous de la garde rapprochée de l’ex-PAN interrogés à la barre le 2 juin dernier, ont reconnu avoir transporté ces fusils de la Riviera Golf à Assinie après les troubles survenus à QG de GPS.Mais ils déclarent l’avoir fait sur ordre de leur hiérarchie, et uniquement dans le but, expliquent-ils, d’éviter que ces armes qui constituaient leur dotation et qui se trouvaient à l’annexe du QG de GPS, ne tombent entre les mains de personnes pouvant les utiliser à des fins négatives. Selon l’accusation, ces armes « à environ 63%, proviennent du même lot que celles découvertes dans la résidence de Koné Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul dans la ville de Bouaké courant mai 2017.

Ainsi toutes ces découvertes, d’armes dans le sérail de monsieur Soro Kigbafori Guillaume laissent apparaître de façon dirimante que lesdites armes devaient servir à mettre en œuvre la dernière phase de ses desseins d’accession par la voie armée au pouvoir », peut-on lire dans le dossier d’instruction. Cependant, l’accusation ne prouve pas que la possession de ces armes par les militaires chargés de la sécurité de l’ex-chef du Parlement était méconnue de la haute hiérarchie militaire. Elle tente également d’occulter le fait que le stock d’armes retrouvé chez Soul To Soul en 2017 faisait partie de la dotation des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), donc de l’armée nationale qui a combattu lors de la crise postélectorale pour l’accession effective d’Alassane Ouattara au pouvoir. Le haut commandement militaire saisie de cette affaire en 2017 avait clairement donné cette information au parquet au moment de l’arrestation de Soul To Soul. Les hauts gradés de l’armée avaient alors demandé que cette affaire soit classée sans suite vu qu’elle risquait de mettre sur la place publique des informations qui relèvent du secret défense. Finalement, Soul To Soul a été libéré en août 2018 sans jugement. Même si les armes en question provenaient, comme l’affirme l’accusation, du stock qui était chez Soul To Soul, pourquoi la hiérarchie militaire, qui a affecté ces soldats à la garde de Guillaume Soro ne s’en est jamais plainte ? Au surplus, les sergent-chef Fofana Kouakou Konan, Kamagaté Adama, Dosso Seydou, ont affirmé devant les juges que celui dont ils étaient chargés de la protection ignorait la présence de ces armes à l’annexe. Donc, ils ne reconnaissent l’existence du moindre projet de déstabilisation auquel ils devaient participer avec lesdites armes pour le compte du leader de GPS. Au total, il sera difficile, à l’issue de ce procès au tribunal criminel, d’établir que Guillaume Soro et ses 19 proches jugés sont coupables d’un quelconque « complot » ou « tentative d'atteinte contre l'autorité de l'Etat ». Ces accusations ne pouvant être prouvées, il ne restera plus aux juges que de s’appuyer sur celle de « diffusion de nouvelles fausses » également retenue contre les prévenus. Là encore, les avocats de la défense apporteront aisément les preuves du rôle joué par les autorités ivoiriennes dans le déroutage, vers le Ghana,de l’avion qui transportait l’ancien Premier ministre à Abidjan. Mais à ce stade, on peut le dire, l’opinion nationale et internationale n’a plus de doute sur la cabale politique qui se cache derrière ce procès. Car, en réalité, le président de GPS et ses co-accusés sont poursuivis uniquement à cause de leur refus d’adhérer au Rhdp.

Cissé Sindou     

 

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